Oeil

Vendredi 23 novembre 2007
Bolero 2
envoyé par audiodelux

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Mercredi 17 octobre 2007
Dans le cadre  des portes ouvertes des ateliers de Ménilmontant, la femme en bleu revient pour une nouvelle expo.

Et si vous ne pouvez venir vous balader dans les rues du 20°, vous pouvez toujours découvrir son travail sur son site en cliquant ici ou sur "L'autre CéLine" dans les ricochets



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Dimanche 7 octobre 2007
   
    Je voulais y aller tôt.

Pour avoir le temps d’errer dans les rues.
Pour partager aussi avec un chat-dragon aussi, qui fort mal en point, n’allait pas rester longtemps sur l’asphalte.


    Et puis, je me suis retrouvée, moi que cela désintéresse au plus haut point, en train de regarder des poilus tricolore ou noirs courant sur un terrain.
Erreur tactique.


Finalement je n’ai mis le nez dehors que bien plus tard.

Plus de chat-dragon, beaucoup de marche.


    Franchement cette nuit blanche me laissait un goût de déception. Intervention ou manifestations ridicules, parfois amusantes s’il n’avait fallu louvoyer entre le monde d’un point à l’autre beaucoup trop éloignés les uns des autres. Et encore quand on trouvait les lieux !!!  les jeux de pistes avec la fatigue dans les jambes et la tête lassent vite quand rien au bout ne vient vous émerveiller.


    On allait rentrer, et puis, n’étant jamais rentré dans l’église de la madeleine, j’ai voulu y faire un tour, ca serait une autre façon de voir le bâtiment, peut être la nuit le rendrait il un peu moins hideux.

Et voilà, le seuil franchi, j’ai sûrement du bloquer toute la file d’attente derrière moi car je suis restée bloquée, frappée par la beauté de qui s’y passait.


C’était ma première rencontre avec les souffleurs.


    Dans l’obscurité de la nef, quelques îlots de lumière dévoilent les souffleurs, homme et femmes de noirs vêtus, perchés sur des mats métalliques, soutenant de longues cannes creuses fluorescentes. Sorte de sarbacanes oscillantes qu’ils font balancer comme au gré du vent.  elles touchent la main d’un de ceux, qui comme moi, regardent en bas, émerveillés leur danse élégante.
Alors, la mettant au creux de  l’oreille, vous pouvez entendre ce qu’ils vous chuchotent : poèmes, textes ou des mots secrets,  je ne sais pas, je n’ai pas pu toucher un de leurs « rossignols » mais qu’importe !
Leur commando poétique a sauvé ma nuit blanche, m’a entraîné dans un songe éveillé que, même la galère d’1h30 pour enfin rentrer chez moi n’a pas atténuée.



    Sur leur site, j’ai lue où les retrouver bientôt : au théâtre de la tempête du 3 au 9 janvier. Je vais me perdre jusqu’à la cartoucherie je pense.





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Samedi 5 mai 2007
L'autre CéLine, celle qui en avril s'amusait nous chanter que la maman du poisson, elle est bien gentille même si on l'aime mieux avec du citron, revient avec une nouvelle expo ce week-end.
Donc avant de vomir le dimanche soir à la vue d'un nain élu, vous pouvez toujours passer rencontrer les artistes, faites vous plaisir ..ça risque de pas durer ....




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Vendredi 27 avril 2007

    Difficile d’expliquer la « caverne des idées ».  Pas que l’histoire soit tortueuse a souhait, non, la difficulté résiderait plutôt dans le choix de l’angle pour exposer un tel opus.  Car la caverne appartient a ces ouvrages en forme de poupée russe.
Ceux où a l’intérieur même du récit, se cache une autre histoire. Ou ceux où l’histoire qu’on croit initiale n’est qu’une partie d’un plus grand tout. Sauf qu’ici, les 2 propositions sont valables !! Et que loin de se contenter de simples mises en abyme, tout se mêle et s’imbrique

Un plaisir de lecture soit mais une torture à s’arracher les cheveux pour la moindre note de lecture si on veut pas bien faire ressentir tout le sel de ce soi-disant polar.



A l’intérieur ....
Un éphèbe, Tramaque,  brillant disciple de l’Académie, est retrouvé mort, dévoré par les loups. Son mentor, perturbé par l’horreur qu’il a cru percevoir dans les yeux de son disciple la veille de sa mort,  a recours au déchiffreur d’énigmes, Héraclès Pontor. Il se sent coupable et veut comprendre ce qui est arrivé à Tramaque pour qu’il ne se livre pas à lui. De son côté,  si, Héraclès Pontor, sorte d’Hercule Poirot à l’antique, accepte cette « enquête », c’est pour sa part, parce qu’il a cru apercevoir quelque chose sur le corps mutilé du jeune garçon.
C’est donc 2 perceptions différentes d’un même évènement qui poussent nos 2 héros a s’aventurer dans les ruelles d’une bien sombre Athènes. Et forcément,  a travers les 2 personnalités, se joue une drôle de joute philosophique. L’idée du Beau du philosophe qui ne conçoit pas que ces disciples ne puissent être « sains » contre celle de la Vérité.

A l’intérieur de l’intérieur ….
Drôle d’Athènes effectivement que parcourt nos enquêteurs car au fur et a mesure de leur pérégrinations, les meurtres se succèdent et les voilà tout 2 plongés bien loin de l’Athènes platonicienne, pleine de principes bien loin de la Raison. Et l’affrontement final se trouve bientôt être celui de 2 villes, de 2 envies de  vivre : la Raison contre l’Instinct. Le corps aussi pense ….

A l’extérieur ….
Cette retranscription d’enquête, ce texte « la caverne des idées » est en fait un manuscrit retrouvé par hasard, 1 millénaire après sa rédaction. Un traducteur nous le traduitt au fur et a mesure de notre lecture. Et pour nous aider à en comprendre les clefs, l’annote avec abondance. Car, pour ce traducteur, il ne fait aucun doute que ce manuscrit est « eidétique ». L’eidetique, nous explique/rappelle t’il, est  une technique littéraire inventée par les écrivains grecs. Elle permet de transmettre des clés ou des messages secrets dans les œuvres, en répétant des métaphores ou des mots qui, isolés par un lecteur averti, forme une image indépendante du texte originel.
Le traducteur au fur et a mesure de l’avancement du récit, est persuadé que « sous » la « caverne des idées », se cache les travaux d’Hercule.


A l’extérieur de l’extérieur ….
Plus le récit progresse, plus le traducteur se retrouve dans un rôle qui n’est pas le sien. Il lui semble qu’il appartient au récit lui même, se projetant dans certains descriptions, ou se heurtant a cette religion que découvre Héraclès Pontor, faisant état d’un « Traducteur ».
Les événements de la Caverne semble même déborder sur sa propre vie. Ainsi découvre t’il, effaré,  que l’éditeur contemporain du manuscrit a trouvé la mort dans les mêmes conditions que Tramaque!!



 Alors, me demanderez vous, tout ces miroirs et abymes ne laissent ils pas un sentiment de vertige et ne perdent ils pas le lecteur au risque de le lasser. Et bien non, si vertige il y a , c’est un délice tellement Jose Carlos SOMOZA joue avec subtilité tout ces rôles, ces personnages. Et pas besoin de connaître son petit Platon illustré sur le bout des doigts pour se laisser porter par cette « dispute » philosophique, drôle et en même temps fort intéressante.
 Tout est parfaitement ciselé et la fin prouve la maestria de l’auteur.




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